30.10.2009
Protestants en fête « C’est le temps d’une telle cousinade » : interview de Claude Baty
Les équipes qui préparent « Protestants en fête » s'activent dans une certaine fièvre : dans moins de quelques heures, Strasbourg deviendra pour trois jours la capitale du protestantisme français. Dans toute l'agglomération dès le 30 octobre, puis au Zénith de Strasbourg le 31 au soir et le 1er novembre au matin, c'est plus de 10 000 participants qu'espèrent regrouper les Églises, oeuvres et mouvements membres de la fédération protestante de France. « Vous n'êtes pas délégués, mais invités ! » ...Claude Baty, président de la FPF, met cet événement en perspective.
Après le Grand Kiff, le grand rassemblement jeunesse sur Lyon cet été, les protestants traditionnels s’ouvrent-t-ils à un type de rassemblement festif comme on trouve par exemple chez les évangéliques?
En France, il n’y a rien de comparable. S’il fallait un équivalent, ce serait le Kirchentag, en Allemagne. A une minuscule échelle.
«Protestants en fête» est dans la logique de l’évolution de la FPF. Les rassemblements sont utiles. Vu que la FPF s’est élargie, il est important que ses membres puissent se rencontrer, comme une rencontre de famille ou une cousinade, où on réunit des parents qui se voient finalement peu souvent. C’est l’occasion de rassembler l’ensemble de la famille protestante. De l’aider à avoir un sentiment d’appartenance.
Plusieurs manifestations auront lieu avec les Allemands, mais il n’y a rien de particulier avec les catholiques.
C’est une fête du protestantisme. Dans toutes les tables rondes, les questions d’œcuménisme seront évoquées; l’archevêque de Strasbourg sera invité à l’inauguration. Les relations sont claires et suivies. Ce n’est pas une fête des chrétiens, mais du protestantisme. Il y aura aussi des protestants de Suisse, de Belgique et d’Italie.
Etes-vous satisfait, jusque-là, de la réponse des évangéliques sur place et de leur enthousiasme?
Dans la Fédération, tout le monde a bien réagi et fonctionne bien. Notre invitation est large. On espère que viendront beaucoup de protestants hors FPF et même de Strasbourgeois curieux. L’écho est intéressant et positif. Chacun sent bien que c’est aussi le moment de faire des choses comme ça.
Quelle importance cet événement a-t-il pour le protestantisme français? Quelles retombées attendez-vous?
On attend plusieurs choses. La première est de manifester - et c’est du reste le sous-titre du rassemblement - que nous sommes «Témoins ensemble» dans notre pays; de faire prendre conscience aux protestants qu’ils doivent être ensemble pour dire quelque chose de significatif.
C’est aussi l’occasion d’une prise de conscience de cette famille. Il y a un effet interne et externe. Que les protestants se réunissent, ce qui n’est pas si fréquent. Pour l’occasion, c’est une première. C’est un message vis-à-vis de nos concitoyens.
L’inauguration officielle du vendredi sera l’occasion de médiatiser l’événement. Le président Sarkozy a été invité. Il a donné un avis positif de principe. On verra s’il vient.
Les protestants sont-ils capables d’unité?
Certainement. On l’espère! On travaille à cela. C’est toujours le défi de l’unité et de la diversité. Les protestants sont plus forts en diversité qu’en unité. Il faut toujours travailler dans le sens de l’unité, sans imaginer - personne n’a envie de ça non plus - une unité monolithique. Mais il y a une tendance à la dispersion, un peu partout dans le monde d’ailleurs, qui ruine l’importance du protestantisme.
Qu’est-ce qui peut rassembler les protestants aujourd’hui?
Du point de vue de la FPF, c’est le projet fédératif tel que notre Charte le définit: clair sur l’essentiel et ouvert pour un engagement divers et encore largement à inventer. Ce qui peut rassembler les protestants, c’est donc une dynamique qui allie identité spirituelle et engagement dans la société.
Le temps n’est plus à la concurrence interne mais à la solidarité afin d’être réellement témoins du Christ dans une société largement sécularisée. Strasbourg peut être le signe d’un renouveau du protestantisme, humble mais sans complexe et qui prétend à sa mesure être «ferment dans la pâte».
De telles rencontres sont-elles des outils de choix dans cette perspective?
Cela devient quelque chose de significatif. On va fêter l’an prochain le centenaire de la Conférence mondiale des missions d’Edimbourg. Ce fut un rassemblement déclencheur, dans plusieurs sens. On s’aperçoit que ce genre de rassemblement a une signification symbolique et certainement aussi une force qui «booste» les énergies des participants. Il me semble que c’est appelé à se développer.
Des fêtes du protestantisme auront lieu régulièrement. Pas tous les ans, car l’organisation est lourde. C’est l’occasion de se rassembler et de savoir pourquoi on se rassemble, dans quel but. «Témoins ensemble», nous disons bien que nous voulons être présents dans la société.
Le protestantisme peut-il être un acteur dans l’espace public?
Il l’est déjà depuis longtemps. Souvent, leur influence va au-delà de leur importance numérique. Cela a été souvent noté et pas de manière positive, par nos adversaires.
Dans «Témoins ensemble», il y a l’aspect de l’évangélisation et l’aspect social et humanitaire: aide aux opprimés, aux défavorisés, soutien auprès des étrangers. C’est un aspect important du travail du protestantisme dans notre pays. On n’est pas les seuls, mais on y est.
Propos recueillis par Joël Reymond
© Alliance Presse
00:12 Publié dans Agenda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, protestants en fête














Ecrire un commentaire