21.05.2008
La parabole des ouvriers loués à des heures différentes Mt 20,1-16
Cette parabole est d’une étonnante richesse. On peut et on doit l’étudier sous des angles différents. Tout d’abord, on peut y discerner, conformément à la vision soulignée par l’évangéliste Matthieu, un résumé de l’histoire du salut ; Les ouvriers de la onzième heure désignent alors les pagano chrétiens qui, après la Pentecôte, entrent dans la nouvelle alliance et reçoivent le même salaire, le même salut que les Israélites embauchés depuis bien plus longtemps qu’eux.
Les diverses sorties du Seigneur de la parabole correspondent alors grosso modo aux diverses alliances faites par Dieu : (avec Adam), avec Abraham, avec Moïse, avec David.
Par ailleurs, le livre des Actes nous montre la rogne et grogne des enfants d’Abraham, quand ils découvrent que la nouvelle alliance revient finalement à ceci : le même denier pour les ouvriers de la onzième heure que pour ceux de la première heure.
On comprend alors que cette parabole soit enserrée, emprisonnée par cette affirmation : « Beaucoup des premiers seront derniers et beaucoup des derniers seront premiers ».
Au passage, ceci nous permet de mieux comprendre ce que Jésus entendait par premiers. Il s’agit des premiers venus dans le Plan de Dieu. Et les derniers sont les tard-venus. De toute manière il n’y a pas de prime à l’ancienneté dans le christianisme.
10:50 Publié dans Enfance et jeunesse , Etudes bibliques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La parabole des ouvriers loués à des heures différentes Mt 20, 1-16
18.04.2008
La parabole du figuier stérile ou du serviteur persévérant (d’après A. Maillot)
Lectures : Esaïe 5.1 à 7, . Luc 13.6 à 9, . Ro 5.1 à 5
C’est la petite histoire du figuier qui ne portait pas de fruit qui fera l’objet de notre méditation. Ce qui attire tout de suite notre attention, c’est le sort de l’arbre. A la suite d'Alphonse Maillot, je vous propose de considérer les choses autrement. De considérer et de garder à l’esprit plutôt l’histoire du serviteur de la parabole. Le titre que je vous propose de lui donner, à cette histoire, c’est : « la parabole du serviteur persévérant ».
17:55 Publié dans Enfance et jeunesse , Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Notes pour la méditation du CP du 26 mars 2008
08.02.2008
Méditation: l’alimentation des corbeaux, ou la foi et les oeuvres
23:25 Publié dans Enfance et jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : L'alimentation des oiseaux, méditation biblique
17.01.2008
Leçon de l'école biblique du dimanche 20 janvier: la perle de grand prix (Mt 13,45-46)
1) Dans la parabole précédente - le trésor caché, Cf. Mt 13,44 -, le Royaume, c’était un trésor que l’homme trouvait. Donc, dans la présente parabole de « la perle de grand prix », le Royaume devrait être la perle. Eh bien non ! Le Royaume c’est ici le marchand. Autrement dit, la dernière fois le Royaume était ce que l’homme trouvait. Cette fois, le Royaume est aussi l’homme qui cherche…
20:10 Publié dans Culte de dimanche prochain à Alençon , Enfance et jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La parabole de la perle de grand prix, l'homme qui marche, Alphonse Maillot
17.12.2007
Le mystère de l'enfance
"L’amour a taillé son royaume autour de la petite forme couchée. Retenez votre souffle : sous ses paupière, l’enfant a rouvert la porte d’un jardin délaissé, il flâne dans un verger de songes… ce visage, encore tourné vers l’intérieur, est, scellé sur des rêves que nul ne peut saisir. C’est par cette énigme aussi que l’enfant tient du dieu : il est prêt à recommencer le monde, et à son image. Mais qui a vu son image ? Si Mozart n’est pas assassiné, il fera des choses que personne avant lui n’a pensées. Saluez donc en tout enfant un être… Merveilleusement unique, merveilleusement premier-né, qui bientôt inventera du bout de ses doigts fins l’herbe, les couleurs de l’été, le déclin du jour, l’aube de l’amour, et toutes vos résurrections espérées".
France Quéré, Marie, Desclée de Brouwer, 1996
17:25 Publié dans Enfance et jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France Quéré, Marie, Enfance
25.11.2007
Aux E.U.: de nouvelles "Ecoles du dimanche" pour libres penseurs (Time Magazine 21 nov)
Une classe d’instruction philosophique pour les enfants de l’Humanist Community of Paolo Alto en Californie. Les dimanches matins, la plupart des parents qui n’adhèrent pas au Dieu du christianisme ni à aucun autre, d’ailleurs, se retrouvent pour prendre un brunch et laissent leurs enfants jouer aux jeux vidéo, ou encore font leur jogging, ou par chance, peuvent faire la grasse matinée. Sans religion, pas besoin d'Eglise ? non ? Pas sûr, constate Jennin Lee St. Johns dans son article sur les nouvelles écoles du dimanche des communautés agnostiques, dans les pages Religion du Time Magazine du 21 novembre dernier – en anglais ci-dessous. Etonnant... et stimulant!
17:45 Publié dans Enfance et jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecole du dimanche, athéisme, Times Magazin
02.11.2007
Découvrez le blog de la jeunesse réformée réunie à Mesnières du 27 au 29 octobe 2007
... et participez au concours de légendes des photos du rassemblement de jeunesse régional de l'Eglise Réformée de France en Nord Normandie du 27 au 29 octobre à Mesnières en Bray...
http://mesnieres2007.blogspot.com/search/label/Textes
20:15 Publié dans Enfance et jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rassemblement de jeunesse régional à Mesnières-en-Bray, ERF, WE régional, nouveau blog
19.10.2007
Dimanche 21 octobre: rentrée des classes de l'école biblique au temple d'Alençon
Accueil à partir de 10h30 au temple, 26 place Bonet : soyez les bienvenus au culte et à l'école biblique ( de 4 à 14 ans en 3 groupes). Le thème de l'école biblique cette année : "Change ton regard" : 11 paraboles de l'Ancien et du Nouveau Testament. Le thème du culte : la vocation de Matthieu par le Caravage : une parabole.
Contact pour l'école biblique : Marliette Mareschal (02 33 29 00 52)
16:45 Publié dans Culte de dimanche prochain à Alençon , Enfance et jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecole biblique, culte, Caravage
17.10.2007
Scoutisme à Argentan
L’ensemble de la presse protestante a consacré des articles aux cent ans du scoutisme, né en Angleterre en 1907, en France en 1911 avec les Eclaireurs unionistes (protestants), aujourd’hui Eclaireuses & Eclaireurs unionistes de France (EEUdF), et les Eclaireurs de France, laïques.
Cette année s’est créé un groupe à Argentan, à partir de quelques familles de la paroisse réformée d’Alençon. Il propose des activités pour les louvettes et louveteaux (7-11 ans), et pour les éclaireuses et éclaireurs (12-16 ans) de toutes origines. Les réunions ont lieu au temple de l’Eglise réformée à Argentan, 85 Bd de la République.
Pendant l’année scolaire, ce sont des activités d’un dimanche par mois ou d’un week-end une ou deux fois pour cette année. L’été, c’est un camp de 2 à 3 semaines dans la nature, avec la vie en groupe, les grands jeux et des moments spirituels pour découvrir la Bible.
Contact : Yannick Nancy, 06 70 12 38 19
15:30 Publié dans Enfance et jeunesse , Scoutisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Scoutisme Eeudf
18.09.2007
Vivre et aimer
Dimanche 2 septembre 2007
Assemblée du Désert
Alain HOUZIAUX, pasteur de l’Eglise réformée de France à Paris-Etoile
Le texte ci-dessous ne retranscrit pas exactement tout ce qui a été dit oralement lors du culte de l’Assemblée du Désert ; il comprend le message central de la prédication du pasteur Alain Houziaux :
DESERT2007 Alain HOUZIAUX.pdf
Culte du Désert
Ecclésiaste, chapitre 12.
« Jeune homme réjouis-toi de ta jeunesse, livre ton coeur à la joie, pendant les jours de ta jeunesse, marche
dans les voies de ton coeur et selon le regard de tes yeux. Mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en
jugement. ». (Ecclésiaste 12).
Lectures bibliques du jour :
Juges 6, 11-14 ; Marc 10, 46-49 ; Deutéronome 30, 11-15 et 19.
Prédication :
A.H. : Je ne sais pas quel âge avait Monsieur l’Ecclésiaste lorsqu’il a écrit ses conseils pour
la jeunesse, mais il ne devait pas être tout jeune.
Et cela m’autorise peut-être, moi qui viens d’avoir soixante-cinq ans à commenter pour vous ces versets.
Avoir soixante-cinq ans, cela permet de faire un bilan de sa vie et de savoir ce qui compte vraiment dans la
vie, ce qui vous a vraiment aidé dans la vie. C’est cela que j’aimerais partager avec vous.
Ce qui compte, pour vivre la vie avec un certain bonheur, ce sont ces trois vertus qu’évoque Saint Paul. La
foi, l’espérance et l’amour. C’est cela qui, finalement, aide à vivre et permet d’avoir une vie plus ou moins
réussie. Et je voudrais vous dire, spécialement à vous les jeunes, ce que sont la foi, l’espérance et l’amour et
pourquoi ces trois vertus aident à vivre. Et j’illustrerai chacune de ces trois attitudes par un verset de la Bible.
Donc, je commencerai par la foi. Je prends un exemple dans la Bible : Gédéon est un paysan d’Israël et il n’est pas plus doué qu’un autre. Et pourtant Dieu lui confie la mission de devenir le ministre de la défense nationale d’Israël. Gédéon proteste : je n’en suis pas capable. Et Dieu dit à Gédéon : « Va avec la force que tu as » (Juges 6,14). Et quelle est cette force ? C’est celle de la foi. La foi, c’est une force.
On se méprend souvent sur la foi. On pense que la foi, c’est pouvoir dire que l’on croit à un certain nombre de
vérités telles que "Jésus-Christ est né du Saint-Esprit, il est ressuscité d’entre les morts, il reviendra juger les
vivants et les morts, etc…". Mais il n’en est rien.
Il ne faut pas confondre la foi et les convictions.
Croire que Jésus Christ est ressuscité d’entre les morts, c’est une conviction. Croire que la démocratie est le
meilleur des régimes politiques, c’est une conviction.
Mais la foi, ce n’est pas cela.
La foi, c’est une force qui vous porte, c’est être en confiance, ou plutôt, c’est faire confiance. Faire confiance
à qui ? me direz-vous. Faire confiance aux autres ? Non, ce n’est pas cela, même si cela peut aider. Faire
confiance à soi-même ? Pas plus, même si cela peut aussi aider. Ce qui compte vraiment, dans la vie, c’est de
faire confiance à la vie. Quand Dieu dit à Gédéon « Va avec la force que tu as, n’est-ce pas Moi qui t’envoie ? », cette force, c’est la force de la confiance. C’est d’aborder la vie et l’avenir avec confiance, c’est de faire confiance à l’avenir. En effet, la vie se charge de porter la vie, de changer la vie, d’aider à vivre la vie et même de guérir les malheurs de la vie.
Ainsi vous le voyez, ce qui est à l’opposé de la foi, ce n’est pas tellement le doute, l’athéisme ou le scepticisme, c’est plutôt la peur, la peur de l’avenir.
Croire en dieu, c’est avoir confiance en la vie et en l’avenir, c’est confier à Dieu sa vie et son avenir. Un de
nos plus beaux cantiques le chante : « Confie à Dieu ta route, Dieu sait ce qu’il te faut ».
Avoir confiance en Dieu, c’est avoir confiance que, aujourd’hui, demain, et après-demain, quoi qu’il arrive, Il
portera notre vie et nous donnera la force de la vie. Quoiqu’il arrive, chacun d’entre nous trouvera toujours un
sol ferme sous ses pas où il pourra continuer à avancer et où il aura le droit de trébucher. Chacun d’entre nous
trouvera ce qu’il lui faut d’eau fraîche pour rafraîchir ses lèvres des mots qu’il n’aurait pas dû dire. Chacun
d’entre nous trouvera ce qu’il lui faut de lumière pour pouvoir retrouver le visage de son prochain. Quoiqu’il
arrive, Dieu nous aura en sa sainte garde. Et c’est pourquoi nous pouvons dire : A la grâce de Dieu ! A Dieu
vat !
Je pense à vous, les jeunes qui, je le sais, hésitez souvent avant de vous décider à vous lancer dans une aventure, celle du mariage et de la vie en couple par exemple. Vous avez peur. Vous vous demandez si c’est
bien raisonnable. Vous pesez le pour et le contre.
Mais je veux vous le dire clairement : La vie n’est pas une affaire de calculs, de stratégies, de précautions. La
vie est une affaire de confiance, de générosité, d’audace et de tranquille sérénité. La vie n’est pas une tragédie
et on peut la vivre avec un certain sourire et, pourquoi pas ? Même un peu de désinvolture. Au fond, l’insouciance, c’est une forme de confiance ! J’aime beaucoup ces versets que l’on trouve dans le livre de
l’Ecclésiaste (Ecclésiaste 11,1-4): « Jette ton pain à la face des eaux. Celui qui passe trop de temps à
observer les nuages avant de se décider à semer, celui-là ne sèmera jamais. Celui qui, avant de se décider à
moissonner, passe trop de temps à voir d’où vient le vent parce qu’il a toujours peur qu’il pleuve, celui-là ne
moissonnera jamais. ».
Vous pouvez avoir confiance en la vie, en l’avenir de la vie. Vous pouvez marcher avec confiance sur la route
de la vie, et je voudrais vous dire pourquoi.
Il y a trois raisons :
Il y a d’abord ce merveilleux phénomène des guérisons naturelles. Et bien oui. La vie vous guérit des blessures de la vie. Avec le temps, les cicatrices s’estompent, les blessures se referment. C’est ce que l’on appelle les guérisons naturelles. Les guérisons naturelles, c’est un des phénomènes les plus mystérieux qui soit. Les médecins n’y comprennent rien. Un lézard se coupe accidentellement la queue, elle repousse. On se casse le tibia, et il se recolle. C’est la force de la vie. Et pour ce qui est des souffrances psychologiques, c’est pareil. Il y a aussi des guérisons naturelles.
Les guérisons naturelles, ce sont des guérisons miraculeuses qui se font par la force de la vie. Et plus vous
avez confiance en cette force de guérison naturelle et miraculeuse, plus elle pourra vous guérir. C’est ce que
l’on appelle l’effet placebo. Si on a confiance, on guérit plus vite. Jésus le dit sans cesse : « Ta foi t’a sauvé ».
Ce qui fait franchir les difficultés, ce qui guérit des épreuves de la vie, c’est la foi, c’est la confiance en la vie.
Ce n’est pas la stratégie.
Je voudrais vous donner une deuxième raison d’avoir confiance en la vie et en l’avenir.
C’est celle-ci : à quelque chose malheur est bon. Prenez, dans la Bible, l’histoire de Joseph, le fils du patriarche Jacob. Ses frères sont jaloux de lui et veulent l’éliminer. Ils le jettent dans une citerne vide en plein désert. Ô quel malheur, quel malheur ! Mais, à quelque chose, malheur est bon. Des marchands passent par là et l’emmènent en Egypte, une terre riche et prospère, alors que dans son pays la famine régnait. Mais là, en Egypte, nouveau malheur, une femme jalouse le fait jeter en prison. Mais, de nouveau, à quelque chose malheur est bon. Dans cette prison, il se fait repérer pour ses dons par l’un de ses geôliers qui le conduit au pharaon. Et là, il devient le bras droit du pharaon et il fait venir ses frères et son vieux père qui étaient restés au pays des famines. A chaque fois, Joseph le dit (Genèse 50), « Dieu a changé le mal en bien ».
Et je voudrais encore vous donner une troisième raison d’avoir confiance en la vie et en l‘avenir.
Dans la vie, il y a des coups gagnants et des coups perdants. Et bien, voyez-vous, les coups gagnants
s’accumulent et se conservent alors que les coups perdants, eux, ils ne s’accumulent pas, ils se perdent, si l’on
peut dire.
Le processus de l’évolution le montre bien. Dans l’immensité du cosmos, il y a eu d’abord l’apparition d’une planète, notre Terre, où la vie était possible. Premier coup gagnant. Puis il y a eu l’apparition de la vie, deuxième coup gagnant, puis l’apparition de l’homme, troisième coup gagnant. C’est ce qu’a dit, semble t’il, le grand physicien Einstein : Dieu ne joue pas aux dés, mais il sélectionne et conserve les coups gagnants au fur et à mesure qu’ils apparaissent, et il a fait progresser l’évolution vers l’homme grâce à cette sélection de coups gagnants.
Et dans la vie de chacun d’entre nous, c’est pareil. Quand vous aurez mon âge et que vous essaierez de voir comment a progressé cette vie, vous constaterez que les coups perdants, les échecs, les revers, se sont perdus
et que vous êtes devenus ce que vous êtes grâce à une succession de coups gagnants, grâce à la sélection de ces coups gagnants. Et c’est pourquoi, mon ami de vingt ans, ou de soixante dix ans, n’aie pas peur, fais confiance à la vie, fais confiance à la force de la vie qui est la force même de Dieu. Va avec la force que tu as, n’est-ce pas Dieu qui t’envoie ? Confie à Dieu ta route, Dieu sait ce qu’il te faut.
Quand je vous dis ceci, je pense à ce que m’a dit un vieux pasteur lorsque j’avais vingt ans. J’étais allé le voir
car j’étais très inquiet. J’étais idéaliste, mais j’avais un peu peur de ne pas pouvoir le rester toute ma vie. Je
me lançais dans l’aventure du ministère pastoral et je me demandais si j’aurais la foi jusqu’à la fin de ma carrière. Et le vieux pasteur m’a dit : « Tu sais, Houziaux, de toute façon, il faut bien qu’un bouchon flotte ».
Il avait mille fois raison. Un bouchon, cela flotte toujours. Les tempêtes peuvent arriver, il continue à flotter.
Il peut y avoir des vagues de dix mètres de creux, il flotte encore. Et la foi et la confiance, c’est savoir cela :
de toute façon, quoi qu’il arrive, tout comme un bouchon, je continuerai à flotter.
Et maintenant, après la foi, l’espérance.
Oui, dans la vie, le fait d’avoir confiance et de se laisser porter par cette confiance, c’est très bien, mais cela
ne suffit pas.
Quand on me demande ce qu’est l’espérance, je réponds : « C’est une forme d’idéalisme ». C’est être et rester un idéaliste. Oui, je le sais, le mot a été à la mode et il ne l’est plus. C’est dommage, l’idéalisme est devenu une tare. Il faut être pragmatique. Il faut être utilitariste. Il faut être prévoyant. Il faut être économe de sa vie, gagne petit de sa vie. Et bien non. L’idéalisme, c’est une forme d’espérance. C’est croire, c’est espérer, c’est vouloir l’impossible pour qu’un peu de cet impossible devienne possible. L’idéalisme, c’est espérer que ce que Jésus enseigne dans ses paraboles (la parabole des ouvriers de la onzième heure, par exemple, et qui prêche une forme d’égalité des salaires pour tous) pourrait un jour se réaliser pour de vrai.
Oui, les chrétiens devraient tous être des idéalistes ; l’espérance, c’est être idéaliste.
L’idéalisme, quand on a sept ans, c’est dire : je vais être pompier et, comme cela, j’irai chercher les gens quand ils sont dans une maison qui brûle. L’idéalisme, quand on a vingt ans, c’est dire : je vais être Médecin sans Frontières, et j’irai au Darfour pour soigner les affamés.
Et quand on a trente ans, ou même soixante quinze, être idéaliste, c’est avoir des convictions. Dans le presbytère du Vigan, où j’ai passé une partie du mois d’août, il y avait, écrit sur une affiche : « Dans un monde où il y a de moins en moins de certitudes, il faut veiller à conserver quelques convictions et à ne pas tricher avec elles » (Hervé Serieyx).
Il faut avoir des convictions. Je vous ai dit que la foi, ce n’est pas la même chose que les convictions, puisque
c’est une forme de confiance en l’avenir. Mais les convictions, c’est au moins aussi important que la foi, et bien souvent, cela remplace la foi. Dans la vie, on a le choix entre être convaincu et être vaincu par l’ennui et l’indifférence.
Mais l’espérance peut aussi avoir une autre forme. C’est le courage. Oui, prendre courage quand on a perdu son emploi, quand votre ami vous a quitté, quand une maladie grave vous ronge la vie. Le courage, c’est une force d’espérance. C’est se lever et marcher. C’est se décider à se lever et à marcher, de nouveau.
Vous vous souvenez de cette scène, dans les Evangiles (Marc 10, 46-53) : « Bartimée, un mendiant qui est aveugle, se trouve sur le bord du chemin. Jésus passe. Et le mendiant supplie : Aie pitié de moi, aie pitié de moi. » Mais la prière, la supplication, la plainte, cela ne suffit pas. Et c’est pourquoi les disciples le reprennent et lui disent : « Prends courage, lève-toi et marche, le Maître t’appelle. ».
Oui, c’est ce que je voudrais vous dire, frères et soeurs, la véritable espérance, ce n’est pas d’abord la prière,
c’est d’abord le courage.
Et c’est pourquoi, le deuxième verset que je voudrais que vous reteniez de cette prédication, celui qui caractérise l’espérance, c’est celui-ci : prends courage, lève-toi et marche.
Lorsque j’étais enfant, ma mère me chantait une chanson pour me donner courage.
C’était la chanson des petits gars résolus. Etre résolu, c’est être décidé, c’est prendre les choses à bras le corps, vent debout, sans y aller par quatre chemins. Quand le Seigneur apparaît à l’apôtre Paul qui a été emprisonné dans une forteresse, la première chose qu’il lui dit c’est : « Prends courage » (Acte 13,11). Mais le courage, ce n’est pas seulement pour les grandes occasions, c’est aussi pour la vie quotidienne. Le psychologue Janet disait à juste titre : « Cela nécessite quelques fois plus de courage d’arrêter de fumer que de monter au front, sous le roulement des tambours. ».
Oui, voyez-vous, l’espérance ce n’est pas du tout la même chose que l’espoir. L’espoir, c’est dire : « Je voudrais bien gagner au loto, je voudrais bien gagner le gros lot. ». Et l’espérance, c’est dire « Je continue, je reprends mon pied la route, comme on dit en Afrique, à la grâce de Dieu. ».
Le courage, c’est dire : Non, je n’attraperai pas la maladie du désespoir, même si je me sens faible, même si ma femme m’a quitté, même si mon frère est en train de mourir et que je perds tout espoir.
Et enfin l’amour. Après la foi, c'est-à-dire la confiance en la vie et en Dieu, après l’espérance, c'est-à-dire l’idéalisme et le courage, il y a l’amour. Et Saint-Paul dit que l’amour compte plus que la foi et l’espérance.
Pourquoi ? Parce que, même si l’on a perdu la foi et la confiance en l’avenir, même si l’on a perdu l’espérance, ses convictions et son courage, on peut quand même, encore et toujours, choisir l’amour.
En effet, l’amour, je vais vous dire, ce n’est pas un sentiment. C’est un choix. Dans la vie, il faut choisir. Et en
gros, il faut toujours choisir entre la guerre et l’amour. Et je vous dis ; choisissez l’amour. Et c’est toujours possible.
C’est ce que dit la Bible (Deut. 30) : « Dieu a placé devant chacun d’entre nous la vie et la mort, ce qui est en
bénédiction et ce qui est en malédiction ». Et elle ajoute : « Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta postérité ». Choisis ce qui fait vivre, ce qui donne de la vie et ce qui donne la vie. Choisis l’amour.
Jusqu’à la fin de mes jours, j’aurai présente à l’esprit, cette pièce de Ionesco : Le roi se meurt.
Le roi est vieux. Il a beaucoup vécu. Tout au long de sa vie, il a fait la guerre, il a gagné toutes les guerres, il a
conquis les pouvoirs, les territoires et les femmes. Il a rempli de bijoux et de richesses tous les coffres de son palais. Et maintenant il est vieux. Le bourreau vient à lui et lui dit : "Sire, dans un quart d’heure, vous allez mourir". Et le roi s’écrie : "Mais je n’ai pas encore commencé à vivre. Je n’ai pas encore commencé à aimer, à
aimer d’amour, à aimer l’amour. Je n’ai pas encore pris le temps de regarder les yeux de ma femme lorsque ses larmes s’estompent et que renaît en elle le sourire, je n’ai pas encore pris le temps d’aller voir le lever du soleil sur le Mont Aigoual, j’ai toujours dit "plus tard, quand j’aurai le temps". Je n’ai pas encore pris le temps de regarder mon petit-fils lorsqu’il rit aux éclats en voyant foncer son train électrique. Je n’ai pas encore choisi la vie et ce qui fait vivre. Donnez-moi encore dix ans, non seulement cinq ou peut-être même une semaine ou même un jour pour que je commence à vivre et que je choisisse ce qui fait aimer". Et le bourreau lui dit : Trop tard. Il n’y a pas de session de rattrapage. Il fallait choisir la vie et ce qui fait vivre plus tôt.
Le texte de l’Ecclésiaste sur lequel on m’a demandé de prêcher commence très bien mais finit de manière un peu inquiétante. « Jeune homme réjouis-toi de ta jeunesse, livre ton coeur à la joie, pendant les jours de ta jeunesse, marche dans les voies de ton coeur et selon le regard de tes yeux. Mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement. ». Cette dernière phrase peut paraître un peu terrible. Comment la comprendre ?
Ce jugement, à mon sens, c’est le jugement des derniers moments de notre vie. Quand le roi d’Ionesco découvre à la fin de sa vie, qu’il n’a pas vraiment choisi la vie et ce qui fait vivre, il vit un moment terrible, le
moment du jugement sur sa vie.
Il ne nous faut pas faire comme lui. Il nous faut vivre chaque jour de notre vie en sentant que le jour du bilan
viendra. Et c’est pourquoi il nous faut chaque jour choisir la vie et ce qui fait vivre. Choisir la vie, c’est choisir ce que l’on sera heureux de garder en mémoire à la fin de sa vie : les décisions, même un peu risquées,de se lancer dans une aventure ; le moments de générosité et d’émotion lorsque nous avons pu enfin serrer dans nos bras le père avec lequel nous étions fâchés ; la rencontre au fin fond de Madagascar avec le petit orphelin que nous avons décidé de parrainer lorsque nous avons touché notre premier salaire.
C’est ainsi et ainsi seulement, que nous pourrons mourir heureux et en paix. Oui, si nous avons chaque jour choisi la vie, en faisant le bilan de notre vie, nous serons heureux d’avoir vécu. Et nous mourrons guéris. Oui, nous mourrons guéris des blessures de la vie parce que nous ne garderons dans nos yeux déjà voilés que le sourire des hommes et des femmes que nous avons aimés et des enfants que nous avons bercés.
Je voudrais conclure en trois mots.
Dans la vie à mon sens, il y a trois choses qui comptent, prendre les choses avec un peu d’humour, avec un
faible pour l’amour, et vivre avec une indignité tranquille.
Prendre les choses avec un peu d’humour. Je prends un exemple. Dans la vie d’un couple, ce qui compte, c’est bien sûr de savoir faire l’amour ensemble et de prendre plaisir à faire l’amour ensemble. Mais ce qui compte au moins autant pour la paix des ménages, c’est de savoir faire l’humour.
Ensuite, avoir un faible pour l’amour.
J’aime beaucoup cette expression « avoir un faible pour ».
Oui, c’est vrai, l’amour et la tendresse se sont un peu des faiblesses. Se laisser attendrir, c’est souvent considéré comme une faiblesse. Mais, je vous en conjure, n’ayez pas peur de cette faiblesse.
Et enfin, dernier point, vivre avec une indignité tranquille.
En général, on dit plutôt que ce qui importe, c’est de vivre avec une dignité tranquille.
Et bien non je dis bien : Avec une indignité tranquille.
Nous serons toujours des indignes. Mais nous pouvons vivre cette indignité de manière tranquille et sereine
parce que nous sommes tous des pécheurs pardonnés.
Amen.
15:45 Publié dans Enfance et jeunesse , Liturgies & Prédications | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















