14.06.2008

La dette et la haine, essai de Gabriel Rubin

acd9a1add8142f43b46c4f39fa1daa92.jpgPourquoi certaines personnes ont-elles le sentiment que tout leur est dû sans contrepartie ? Et pourquoi d’autres, au contraire, se vivent-elles comme d’éternelles débitrices ? Qu’il soit matériel (un cadeau) ou psychique (l’amour d’une mère pour son enfant), tout don crée une dette qui doit être apurée. Quand elle ne l’est pas, les ennuis commencent. Le plus à plaindre, alors, n’est pas forcément celui qu’on croit…

Gabrielle Rubin, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, a publié, aux Éditions Payot, Le Roman familial de Freud et Du bon usage de la haine et du pardon.

http://www.payot-rivages.fr/asp/auteur.asp?id=1793

Particulièrement savoureuse : l'analyse consignée chapitre III (p. 145s) dans la 3ème sous-partie intitulée "Un personnage de théatre saisi par l'ingratitude", qui commente le cas du héro du Voyage de Monsieur Perrichon présenté par Eugène Labiche en 1860 (une pièce éreintée par la critique et plébiscitée par le public). Si le cadre et l'argument de la pièce ont beaucoup vieilli, ce n'est sans doute pas le cas d'un travers qu'elle nous donne à voir, qui, lui, est certainement de toutes les époques. Pour bien expliciter sa pensée, Labiche exprime ainsi sa thèse, en faisant dire à son héro Daniel: "Avant d'obliger un homme, assurez-vous bien que cet homme n'est pas un imbécile. Parce qu'un imbécile est incapable de supporter longtemps cette charge écrasante qu'on appelle la reconnaissance: il y a même des gens d'esprit qui ont une constitution si délicate...", écrit-il, en laissant ironiquement sa phrase en suspens... qu'ils ne peuvent que se sauver eux-mêmes et eux-seuls!
Le Perrichon (ou la Périchonne), modèle des carrossiers français, constitue ainsi un tragi-comique "trésor d'ingratitude". Cela n'a pas échappé aux carrossières, comme le rappelle l'un des personnages, le même Daniel, qui prévient : "les trésors appartiennent à ceux qui les trouvent, article 716 du Code civil...". Un livre à lire d'urgence pour son plus grand profit... narcissique, évidement.
D.G.

01.04.2008

Le clan Jésus (d'E. Denimal), par E. Schwerdorffer

86ff4a00f1ccb1cd102dd923faf60794.jpgDès la première page, l’auteur nous met dans l’ambiance par les mots : réseaux, équipe, maillon, comités de soutien, infiltration. Tous ces mots, pour nous familiers par les journaux écrits ou télévisés, plongent Jésus dans un univers différent de celui où nous avons l’habitude de le côtoyer. Alors nous voulons en savoir plus.
L’auteur, pour parvenir à ses fins mène une enquête policière et scientifique (p.3) à travers le Nouveau testament.
Quel est donc ce clan dont Jésus est le chef incontesté ?

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03.03.2008

L'équilibre, selon Julien Gracq

a9e1a4d45fc76bc306a99e886496263c.jpg "Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge, le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour tout faire bouger."
(in Gentlemen's Quaterly , 1er mars 2008, p. 120)

25.10.2007

"Ils ont aussi réformé la famille"?

250f861df43133fd11075233a37669a5.jpg 5 prédications proposées par des pasteurs sur la réforme.doc + A_galates5162006_27-10-2006_16-21-18.doc

Pour apprendre ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vie familiale, pour ne pas dire intime, des grands Réformateurs du protestantisme, rien de mieux que le petit livre de Gabriel Mützenberg : "Ils ont aussi réformé la famille" (1ère édition : LLB Suisse, 1992). Vous passerez ainsi des heures émouvantes en compagnie de Luther. Vous découvrirez des femmes émancipées avant l'heure, et constamment sur la brèche... Ainsi Gabriel Mützenberg s'est-il fait le chroniqueur fidèle des familles Luther, Calvin et autres. Leurs foyers nous sont ouverts. La petite histoire de ces grands hommes du XVIème siècle se lit comme un roman d'aventures à la pensée novatrice. Joies et peines de la vie quotidienne nous les rendent familiers, et bien souvent leurs comportements nous inspireront.

"Luther, un jour, était fatigué, déprimé, découragé…
Voyant son mari dans un état inhabituel, sa femme alla discrètement dans sa chambre, se mit en tenue de deuil et revint devant son mari, tout de noir vêtue. Martin, très inquiet, demanda à sa femme ce qui se passait.
Elle lui répondit énergiquement :
« Dieu est mort ! Puisque le Docteur Martin Luther n'a plus confiance en sa grâce et se laisse aller à la déprime ».

La légende de la fête de Réformation veut que le moral du docteur Martin Luther fut remis sur pied instantanément.

A moins que ce ne soit pas la légende, mais la vérité…

Auteur de nombreux ouvrages, feu Gabriel Mützenberg, en historien avisé, a mis aussi en évidence l'étonnante modernité d'un siècle encore trop souvent négligé.