03.06.2008
Réflexion: Ne perdons pas courage (2 Co 1,8;3-4) A suivre Mercredi 4 juin à 20h30
Le courage n’existe qu’au présent
Extrait du Petit Traité des grandes vertus, André Compte-Sponville, P.U.F., perspectives critiques, 1995.
Le courage n’est pas un savoir mais une décision, non une opinion, mais un acte.
C’est pourquoi la raison n’y suffit plus. Le raisonnement nous dit ce qu’il faut faire, mais il ne nous dit pas qu’il faille le faire, et encore moins fait-il lui-même ce qu’il dit.
Toute raison est universelle, tout courage singulier. Toute raison est anonyme, tout courage est personnel. C’est d’ailleurs pourquoi il faut du courage pour penser, parfois, comme il en faut pour souffrir et pour lutter, parce que personne ne peut penser à votre place, et parce que la raison n’y suffit pas, parce que la vérité n’y suffit plus, parce qu’il faut surmonter en soi tout ce qui tremble ou résiste, tout ce qui préférerait une illusion rassurante ou un mensonge confortable.
Du courage pour durer ou endurer, du courage pour vivre ou pour mourir, du courage pour supporter, pour combattre, pour résister, pour persévérer.
Spinoza l’appelle « fermeté d’âme ». Le courage est dans le désir, non dans la raison, dans l’effort non dans la dictée. Il s’agit toujours de persévérer dans son être…
Comme toute vertu, le courage n’existe qu’au présent. Avoir du courage ne prouve pas qu’on en aura, ni même qu’on en a. C’est toutefois une indication positive et encourageante. Le passé est objet de connaissance, et pour cela plus significatif, moralement, que l’avenir, qui n’est objet que de foi ou d’espérance.
Vouloir être courageux la semaine prochaine ou dans dix ans, ce n’est pas du courage.
Bref le courage n’a pas affaire qu’à l’avenir, qu’à la peur, qu’à la menace, il a aussi affaire au présent et relève de la volonté."

Le courage de s’accepter
Extrait de : Le Courage d’être, Paul Tillich, Casterman, 1967
"Pour le réformateur Martin Luther, le courage de la confiance exprime une confiance personnelle qui provient d’une rencontre de personne à personne avec Dieu. Ni les papes, ni les conciles n’étaient capables de lui donner cette confiance. Tous les ouvrages de Luther sont remplis de « troz », ce qui signifie « en dépit de ». En dépit de toutes les négativités, en dépit de l’angoisse, il tire la force d’affirmer sa confiance en Dieu. Sans crainte, recueilli, confiant, il regarde droit devant lui. Il est seul, mais pas solitaire. Une puissance lui donne le courage de s’affirmer en dépit des négativités de l’existence.
Il découvre le courage d’être. C’est le courage de s’accepter soi-même, en dépit du fait d’être inacceptable. La réforme (protestante) dit ainsi qu’il n’y a aucune condition préalable morale, intellectuelle, ou religieuse, à cette affirmation de soi.
C’est l’immense libération du message des réformateurs apporté au monde du XVIè siècle. Le courage d’être est donné par une puissance autre que la nôtre, elle jaillit d’une rencontre de personne à personne, de l’homme à Dieu, sans être conditionné par quoique ce soit."
* Le Christ et la femme adultère (1565) Pieter Bruegel, Huile sur toile 24,1 x 34,3 cm Londres, Courtauld Institute Galleries (Princes Gate Collection)
Bruegel place au milieu du tableau une femme gracieuse qui est accusée d'adultère par les Pharisiens. Elle constitue l'un des rares personnages féminins que Bruegel a représentés non pas en campagnarde attachée à sa terre mais suivant l'idéal de beauté des citadins.
** La Tempête (1568) Pieter Bruegel, Huile sur bois 71 x 97 cm, Vienne, Kunsthistorishes Museum Wien
L'équipage d'un des navires a versé de l'huile par-dessus bord pour calmer la mer, un autre a jeté un tonneau pour distraire la baleine. Ces deux tentatives de sauvetage semblent inutiles face à la mer déchaïnée et aux nuages menaçants : l'homme est impuissant devant les forces de la nature.
22:15 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Réflexion juin 2008, ne perdons pas courage, Pieter Bruegel, la tempête
30.04.2008
Une parole de vie pour un projet de vie !
Ce que nous sommes les uns et les autres nous le devons aussi à tous ceux et celles qui nous ont précédés, à tous ceux et celles qui nous ont accompagnés durant notre vie. A bien y réfléchir on s’aperçoit que nos vies se sont construites surtout sur des paroles de vie et des actes de vies qui nous ont été adressés durant notre enfance, notre adolescence, notre âge adulte, notre vieillesse.
Sur quelle parole repose notre vie ?
18:22 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Une parole de vie pour un projet de vie
18.04.2008
La parabole du figuier stérile ou du serviteur persévérant (d’après A. Maillot)
Lectures : Esaïe 5.1 à 7, . Luc 13.6 à 9, . Ro 5.1 à 5
C’est la petite histoire du figuier qui ne portait pas de fruit qui fera l’objet de notre méditation. Ce qui attire tout de suite notre attention, c’est le sort de l’arbre. A la suite d'Alphonse Maillot, je vous propose de considérer les choses autrement. De considérer et de garder à l’esprit plutôt l’histoire du serviteur de la parabole. Le titre que je vous propose de lui donner, à cette histoire, c’est : « la parabole du serviteur persévérant ».
17:55 Publié dans Enfance et jeunesse , Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Notes pour la méditation du CP du 26 mars 2008
14.03.2008
« Ne pas se prendre au sérieux »
Il est nécessaire de tenir bon et d’être attentif à soi, mais ce n’est pas tout. Il se pourrait que quelqu’un se contrôle et se discipline sans pour autant vivre ni aimer, mais qu’il se raidisse plutôt dans une dureté morale. Celui qui s’occupe trop exclusivement de lui-même, passe sa vie à se comparer à ses semblables au lieu de vivre avec eux, ou à rendre les hommes meilleurs plutôt que de les aimer. Comment entendrait-il une parole qui procède réellement de Dieu ? Comment se sacrifierait-il à une œuvre, et comment ferait-il face aux souffrances ? De la lucidité vis-à-vis de nos propres plaintes, de la distance vis-à-vis de nos besoins, de l’humour vis-à-vis de notre importance – voilà qui pourrait bien constituer un pas sur le chemin de la prière.
De cette manière, nous éviterons ces prières fausses et insensées dans lesquelles, avec la monotonie d’une litanie ancienne, nous faisons savoir à Dieu ce dont nous avons besoin, ce que Dieu doit donner, empêcher ou prendre en considération. La prière se meurt là où celui qui prie se prend pour le nombril du monde.
23:26 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Méditation, ne pas se prendre au sérieux, Thomas More
24.01.2008
Afin qu'ils soient un
C’est avec les paroles de Jésus en Jean 17,6 à 26 que nous vivons la semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2008: J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; -et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous. Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux. Le début de la prière de Jésus ressemble à un rapport de mission. À la veille de son départ, il fait le point sur ce qui lui avait été demandé par son Père : « J’ai accompli, dit-il, l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ». C’est l’occasion de rappeler ce qui a été au cœur de son ministère : la communication de la Parole du Père.
Je n’insiste pas sur cette partie de la prière puisque c’est l’enseignement que nous avons entendu en lisant l’évangile. Il est néanmoins important d’avoir en mémoire ce que Jésus lui-même indique comme son objectif : donner la vie éternelle à tous ceux qui reçoivent sa parole, comme parole venue de Dieu.
02:20 Publié dans Liturgies & Prédications , Méditations et rencontres du Conseil , Oecuménisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Prédication évangile de Jean
17.01.2008
Qui exauce qui ?
Aussitôt qu’on parle de la prière on se demande : qui exauce qui ? Quel effet a la prière ? Quel exaucement reçoit-elle ? On trouve dans le christianisme quatre grandes thèses sur ce point, résume A. Gounelle dans Penser la foi – Pour un libéralisme évangélique , (Van Dieren Editeur, Paris, 2006, 154 pp., 20 €), pages 117 à 125 :
16:25 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : André Gounelle, Réflexion théologique, Prière
28.11.2007
Il y a des paroles qui sont comme une auberge (en reconnaissance au CP, à E.B. et S.H.)
Lorsque Jésus parle du Père, il le désigne comme « votre Père au ciel ». Il trace l’image d’un père de famille de son époque, qui crée et protège l’espace où les siens sont chez eux. A vrai dire, notre terme de « Père » ne traduit pas la chaleur et la tendresse contenue dans l’expression dont use Jésus. « Petit père », dit le russe, paraît-il ; « Père bien aimé », disait Luther. En disant « Père », nous exprimons tout cela. Or, si Dieu est le Père tendrement aimé, l’existence entière est entourée d’un cadre sûr hors duquel nous ne saurions tomber, même à notre époque où des peurs multiples se propagent. Voilà ce qui s’exprime dans le « Notre Père » que Jésus a prononcé pour nous.
*
Il y a des paroles qui sont comme une auberge.
C’est le voyageur sans feu ni lieu, le sans-patrie, qui sait le mieux ce qu’est une auberge. Aucun hôtel de luxe ne l’attend. Car s’est à son exclusivisme que ce dernier doit son existence, au fait qu’il exclut tout ce qui rappelle la misère du monde. L’auberge, par contre, sous sa forme la plus pure, est un abri pour les sans abri, un refuge pour ceux qui doivent poursuivre la route. Elle n’est pas le but, pourtant, elle est une halte permettant de reprendre haleine. Elle est parcimonieusement équipée. Mais le nécessaire devient ici presque le ciel sur la terre : le pain et le breuvage, la chaleur et le gîte. Nous sommes gâtés. Cela nous semble exagéré. Mais aujourd’hui, des millions sont privés de ce nécessaire ; ils n’ont pas d’auberge dans ce monde.
Gerhard Ebeling
Père,
Ce monde est ta maison,
Je te remercie de le savoir.
Si cela n’était pas,
Ma liberté serait trop grande
Ainsi que ma responsabilité.
L’espace serait trop large dans lequel je vis,
Trop long seraient les chemins du bonheur
Et les chemins du devoir.
Je te rends grâce de ta maison
Destinée à nous, hommes instables.
Je te rends grâce de mes limites,
Car la limites fixée par toi
Est ma défense, ô Père des hommes.
*
Père, je te remercie de chaque maison
Qui se dresse sur cette terre.
Elle protège un de tes enfants
Lui donnant du repos et un peu de paix.
Aide-nous, qui sommes tes enfants, à construire des maisons
Pour ceux qui errent, instables,
Les sans patrie, les exclus,
Des maisons faites de bonté et de fidélité
Montrant que tu es le Père.
*
Seigneur et frère Jésus-Christ,
Tu n’avais pas de maison sur cette terre,
Pas de ville prête à t’héberger,
Pas de porte à fermer derrière toi.
Mais ta parole est notre auberge.
Aide-nous à être une auberge
En vertu de notre parole,
Et permets que ceux qui nous entendent
Soient soulagés de leur peur.
18:10 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Méditation, Prière
12.11.2007
Nous n'aurons plus de refuge !
Loyal D. Rue
professeur de théologie et de philosophie au Luther College, Decorah, Iowa, USA.
Si la rigueur intellectuelle disparaît de l'Église,
l'Église sera abandonnée aux crétins
Si la tolérance disparaît de l'Église,
l'Église deviendra un refuge pour les bigots.
Si les hommes de paix disparaissent de l'Église,
l'Église deviendra une arme de guerre.
Si les féministes disparaissent de l'Église,
l'Église demeurera source de discrimination.
Pour l'amour de Dieu,
ne laissez pas l'Église aux mains des gens pieux...
Abandonner l'Église n'est pas un bon choix
pour ceux qui sont révulsés par son incapacité à dépasser la mentalité du 17e siècle.
Si l'Église est abandonnée aux gens pieux,
un jour viendra où nous n'aurons plus de refuge.
Traduction Gilles Castelnau
16:20 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gilles Castelnau, Protestant dans la ville
20.10.2007
Valeurs, expériences, convictions précieuses : qu’aimeriez-vous transmettre ?
La foi, l’espérance et l’amour.
Le courage. La confiance dans la façon de vivre un changement, la confiance par rapport aux autres, la sérénité.
La reconnaissance mutuelle. Avoir ça pour ne pas être en désespérance : savoir que quelqu’un peut comprendre, poser un geste.
La conviction que chacun est acteur de sa vie. Savoir que l’on n’est pas solitaire mais solidaire, que l’on n’est pas seul pour gérer sa solitude.
Le sens de la communauté. Savoir qu’il y aura toujours quelqu’un pour nous aider et qu’on est là pour aider quelqu’un, que pour mériter confiance, je dois donner ma confiance.
La confiance en Dieu. Savoir aussi que si c’est toi qui sème, ce n’est pas toi qui fais pousser !
La confiance en sa bonne étoile. Un état d’esprit qui est une révélation progressive d’une présence, de Dieu, d’une bonne étoile dans sa vie et d’une providence.
Le fait que Dieu récompense l’esprit de recherche spirituelle. « Si tu cherches, tu trouves » parce que Dieu répond.
L’espérance. Savoir qu’une solution sera créée pour pouvoir reprendre le dessus.
Le service.
La grâce. Tout est donné, rien n’est à faire, à prouver : Dieu nous aime sans contre-don.
« Quelqu’un » est là. Ce sont des amitiés fortes qui aident, des expériences de sagesse dans l’adversité qui permettent l’apprentissage de laisser-faire et de lâcher-prise qui demandent une sacré dose de confiance.
Il est possible d’apprendre personnellement d’un maître, le tour de main de l’apprenti qui devient maître et qui s’acquiert durant un long processus d’apprentissage : nous sommes dépositaires de toute une chaîne, nous pouvons transmettre ce que nous avons reçu.
17:25 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Transmission, valeurs
01.10.2007
2009 Année Calvin
Réflexion autour de la Thématique de l’année Calvin (suivant le manifeste produit par la FPF) :
Réformer la religion elle-même
Réformer le christianisme
Réformer les rapports de l'Église et de la société
Réformer ses appartenances
Réformer la culture
15:25 Publié dans Méditations et rencontres du Conseil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 2009 Année Calvin, Réforme protestante














